mardi 24 août 2021

Claude Vercey plébiscite à la Une de Décharge « Anthologie immédiate » de Pierre Tilman parue en juin aux éditions aérolithe


Claude Vercey à Bazoches (2013)
© Photo Claude Labarre
Lire Pierre Tilman :

« François-Xavier Farine a raison : on ne situe pas à son rang, parmi celles des poètes importants d'aujourd'hui, l'œuvre de Pierre Tilman.
L'ouvrage récemment publié aux jeunes éditions aérolithe sous le titre Anthologie immédiate suffira-t-il à réparer cette injustice ? L'I.D n° 949 du site de la revue Décharge se penche sur ce nouvel opus. » par Claude Vercey, le 14 août 2021.

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samedi 17 juillet 2021

Le poète Bernard Bretonnière nous adresse une longue note en partage suite à la lecture d'« Anthologie immédiate » de Pierre Tilman

Bernard-Bretonnière
© Photo Caky Bretonnière

« En 1968, l'année de mes dix-huit ans, je lus La Flûte de Marcus de Pierre Tilman. J'avais découpé, dans Le magazine littéraire, je crois, un entrefilet sur le premier recueil d'un « jeune poète », car je me demandais bien, moi qui gribouillais des tentatives de poèmes depuis trois ou quatre ans, ce que pouvait écrire un jeune poète en 1968 (...)

J'étais allé dans une librairie qui, bien sûr, n'avait pas le livre en rayon et j'avais dû le commander. Le choc (la catharsis) fut considérable. Jamais encore je n'avais lu un poète aussi contemporain - en l'occurrence âgé de six années de plus que moi. Un grand frère me parlait, et me parlait clair, avec mes mots, les mots de mon époque et de mon âge, avec mes émotions, mes sentiments, mes sensations, mes dégoûts, mes angoisses, mes révoltes et mes désespoirs. Jamais je n'avais imaginé cela possible. (...)

Je lus ensuite tous les livres de Pierre Tilman. (...)

Avec Daniel Biga, François de Cornière et Roger Lahu, Pierre Tilman est le seul poète français (que je connaisse) capable d'écrire des poèmes avec la même simplicité miraculeuse que Richard Brautigan, Raymond Carver et Charles Bukowski. Pierre Tilman parle avec admiration et fraternité bien sûr, des « mauvais poèmes » de ces trois Américains-là.

Les premiers poèmes de Pierre Tilman avaient le goût du tragique, chantaient la rébellion et criaient le désespoir. C'est pourquoi, adolescent, je les avais tant aimés - je m'y reconnaissais. Mais, très vite, la poésie de Pierre Tilman s'apaisa, se simplifia, prit ses distances avec les émotions douloureuses et, changeant de cap, s'engagea sur le terrain de l'humour, de l'ironie et de la légèreté. Ainsi, Pierre Tilman semble-t-il désormais écrire sans frein ce qui lui passe par la tête, avec amusement, le plus simplement et le plus spontanément du monde, sans la moindre volonté de sophistication ni même de sérieux. Ce naturel un rien désinvolte déplaît à certains de mes amis qui y voient un manque d'exigence, de travail, voire de gravité. Quant à moi, j'accepte ces poèmes tels qu'ils sont, ainsi donnés ; ils me séduisent et m'amusent. Et comme ils témoignent d'une absence de prétention et d'ego chez ce poète quand on rencontre si souvent le contraire chez les autres ! Pierre Tilman, quand on l'interroge, dit voir comme des « ennemis le bien-écrit, le bien-fait et le bien-pensé ». Il estime, avec satisfaction, qu'il a gagné en « décontraction » et en humour :
« Je laisse aller [...] je suis déjà assez désespéré comme ça  sans en rajouter [...] je privilégie le vécu contre le poétique, contre le style, contre le formalisme, contre la culture qui ne sont que des canalisations de plomberie [...] je cherche à être le plus simple et le plus économique possible. »*.

* Interview parue dans la revue Jungle n°18, pages 87-91, 1997.

(...)

De Pierre Tilman (de son évolution), tout s'éclaire avec la parution de son Anthologie immédiate, en juin 2021 chez aérolithe éditions (il a alors 77 ans). Mais le poète n'étant pas assez nombriliste pour dater ses poèmes, il est impossible de réaliser une juste chronologie de son évolution. Fondamental pourtant m'apparaît le poème (pages 12-13) de l'anthologie : « C'est trop facile d'écrire des poèmes tristes » : Un jour / J'avais vingt ans et quelques / j'ai décidé / ça suffit comme ça / ça suffit la plainte / j'ai décidé que je n'écrirais jamais plus de poèmes tristes... Promesse tenue ; Pierre Tilman avait 31 ans lorsque parut Hôpital Silence (1975), deuxième recueil, encore « triste » (* mais batailleur) - mais on sait que, souvent, les poèmes sont publiés assez longtemps après avoir été écrits. Revenant sur son parcours, il écrit de ses années soixante : « Ma poésie est faite d'ennui et de tristesse mais aussi de révolte, d'envie d'amour et de fraternité. » Et il a quarante ans lorsque paraît Le bonheur est une décision (1985) , titre-manifeste de la plus belle cohérence et à quoi il s'est rigoureusement tenu. »

Bernard Bretonnière, le 12 juin 2021.

jeudi 1 juillet 2021

Les premières réactions à propos de notre 3e publication...


Anthologie immédiate
de Pierre Tilman :

« Bien sûr, avec Tilman il y avait peu de risques d'être déçu. Bravo, encore un très très bon opus, lu d'une traite. J'adore ce poète.
La maquette est simple mais claire et nette. Je regrette toujours un peu quand il n'y a pas d'illustrations (c'est pour ça que j'aime bien la collection de Patrice Maltaverne), mais franchement j'apprécie ton travail éditorial. Et la couverture rouge (ou même noire pour le précédent d'Heptanes Fraxion) est très bien aussi.

Merci, et bonne suite à l'aérolithe. »

Julien Boutreux, le 22 juin 2021.


« Bon anniversaire, l'ami ! Je lis ton Tilman un peu tous les jours, suis heureux que ce livre existe ! »

Frédérick Houdaer, 26 juin 2021.


« Le Tilman est excellent. Tu peux être fier d'avoir édité ça. Oui. »

François de Cornière, le 1er juillet 2021.

mardi 11 mai 2021

Publication n°3


pierre-tilman-anthologie-immediate
Anthologie immédiate
de Pierre Tilman

En juin 2021, les éditions aérolithe publient leur 3livre qui sera un recueil plus conséquent de Pierre Tilman.

Né en 1944 à Salernes dans le Var, Pierre Tilman est apparu en poésie à la fin des années 60. Il a fait partie de la belle aventure du
« Nouveau Réalisme ».
II a fondé la revue Chorus (1968-1974), avec Jean Pierre Le Boul'ch, Daniel Biga et Franck Venaille. Poète toujours aussi percutant, il publie depuis plus de 50 ans.

Plaquette en quadrichromie.
Pelliculage mat.
52 pages au format A5 (12,2 x 18,4 cm).

Tirage unique à 400 exemplaires.

Prix : 15 € (12+3 de frais de port en lettre suivie).

Parution : Juin 2021. 

Il est possible de réserver votre exemplaire dès aujourd'hui.

Pour toute commande et renseignement sur les microéditions :
aerolitheeditions@gmail.com

jeudi 17 décembre 2020

Salvatore Sanfilippo envoie son avis sur nos deux publications


« Pas mal cette façon à la Perec, François-Xavier Farine, de parler de Rimbaud comme si tu l'avais connu. Pas mal ces petites anecdotes du quotidien, bref une façon originale d'évoquer sa vie.

Quant à Heptanes Fraxion, c'est un univers particulier que j'aime bien, une voix à part dans la poésie d'aujourd'hui. »

poesie-sous-le-sapin
Salvatore Sanfilippo est un poète d'humour rafraîchissant et cela nous fait plaisir qu'il soit sensible, comme d'autres, à nos deux premières publications !


Sous le Sapin
le Farine + le Fraxion, c'est encore possible :
4+6 (+2,5 € en lettre suiv.) : 12,5 €.

lundi 9 novembre 2020

La Poésie c'est Je Dis, émission avec François-Xavier Farine

Jeudi 29 octobre 2020, j'ai été invité sur Radio Coteaux (Gers) pour évoquer  ma passion pour la poésie contemporaine, mon parcours de poète et de passeur et la création des éditions aérolithe.

Merci à Isa Fouillet et à son acolyte, Patrick, pour ce bon moment passé en leur compagnie.

jeudi 12 mars 2020

aérolithe à cœur ouvert


graffiti
Je publie de la poésie aujourd’hui parce que les poètes du passé ne me parlent plus de l’avenir. Des auteurs que très peu publient, mais qui me semblent posséder une voix forte et/ou singulière, poètes souvent ignorés, jusqu’ici, par des éditeurs importants.
J’ai énormément lu les poètes, tous les poètes. Je garde une curiosité intacte, loin des esprits de chapelles et des copinages. Je suis un électron libre. Des éditeurs m’ont marqué depuis l’âge de vingt ans : Pierre Seghers, Pierre-Jean Oswald, Guy Chambelland, Jean Breton, Éric Ballandras, Louis Dubost, la revue Poésie 1 dont je collectionne encore les anciens numéros.


Depuis quelque temps, je me suis aperçu que la poésie se chloroformait, cuisait dans son jus, qu’il était temps de passer à l’action. Excepté du côté des poètes de la nouvelle génération « trentenaires et quadragénaires », celle de « la génération dite des poètes connectés » (blogs et réseaux sociaux).


En 2019, j’ai publié Heptanes Fraxion (dont j’estime le travail poétique). Je le suivais déjà depuis 2010. À l’origine, c’est un heureux concours de circonstances. Il m’avait envoyé un recueil inédit pour me demander conseil et notamment à qui l’envoyer ? Je me suis dit : « C’est impossible. C’est à moi de le publier. Je ne peux pas passer à côté d’un manuscrit comme celui-là. »

Pour ma 3e publication, je souhaitais publier dans un même recueil, Daniel Biga et Pierre Tilman, tête bêche. Cela n’avait jamais été fait en 40 ans. 
Finalement, ce sera une copieuse anthologie de Pierre Tilman seul. Daniel Biga ayant dû renoncer à ce beau projet. 
pierre-tilman-en-lecture-2018
Tilman en lecture dans le Nord (2018)

Je me suis également autoédité. Ne souhaitant plus attendre entre deux et cinq ans pour publier une simple plaquette. Quand d’autres auteurs publient frénétiquement de trois à cinq livres par an, du même acabit, dans une sorte de ressassement perpétuel.

Je fonctionne à l’enthousiasme. Après trente ans de lecture acharnée, je pense être devenu aussi légitime que d’autres éditeurs de poésie.

Il y a des poètes que je ne publierai jamais...


Non pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils sont passéistes, qu’ils écrivent beaucoup moins bien que Paul Éluard ou René Char, même 40 ou 50 ans après leur disparition. Ce qui est sûr, c’est que je n’aime pas le lyrisme qui fait chanter les rambardes d’escalier ni la poésie hermétique, opaque ou désincarnée qui use de mots vides comme beauté, abstraction, silence ou amour pour le plaisir seul du mot. Encore moins la poésie performance lorsqu’elle s’obstine à produire du sous-Christophe Tarkos ou du Ghérasim Luca de seconde zone en multipliant les procédés et les tics d’écriture.

Je publie enfin de la poésie car, à un moment donné, je me suis également rendu compte que la plupart des éditeurs, ayant pignon sur rue, n’avaient plus souvent le nez fin.

Depuis les années 90, je me suis activé dans le milieu poétique : en revues d'abord, puis sur internet avec des chroniques régulières, ici et là, et par l’intermédiaire de deux blogs également : Poebzine et Le feu central.

Je suis petit. Je peux prendre des risques. Même si je ne joue évidemment pas dans la cour des moyens et grantéditeurs.


Pour cette micro maison d’édition, je contacte directement les poètes que je souhaite éditer. Je publierai des poètes confirmés et des jeunes poètes suffisamment originaux. À raison d’une à deux plaquettes par an. Et croyez bien que je prospecte chaque jour !

Je n’ai aucune raison de me presser. Et je ne manque pas non plus d'enthousiasme pour soutenir de vraies nouvelles voix. Je l'ai toujours fait en tant que passeur de poésie.

Comme l’écrivait Paul Vincensini : « Un vrai chemin est toujours tracé dans rien. Regardez celui des oiseaux. »

J'espère simplement que beaucoup d'entre vous, poètes, amatrices, amateurs, curieuses et curieux de tous bords, soutiendront cette nouvelle aventure.


François-Xavier Farine
alias aérolithe éd.