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vendredi 21 juillet 2023

Lettre d’un micro-éditeur de poésie à un(e) poète en quête d’éditeur


Pour publier de nouveaux recueils, un éditeur doit bien vendre les précédents.

En tant que micro-éditeur non subventionné, je ne publie que deux recueils par an, à petit tirage et à prix modique, et cela me va très bien. Je ne suis soumis à aucune contrainte relative ni obligation d’éditer non plus des poètes à tour de bras pour vivre décemment comme les « grantéditeurs » qui doivent :

- faire tourner leur boutique
- arroser les journalistes spécialisés de Services de Presse
- participer à la plupart des différents prix de poésie pour tâcher d’en obtenir un
- être omniprésents dans tous les points de vente des librairies du territoire et les salons du livre pour suffisamment exister, écraser la concurrence, et surtout payer les salariés de leur maison d'édition.

Pour ma part, je fonctionne par le biais du bouche à oreille et suis, par nécessité, peu présent en librairies. Je fonctionne principalement en vente directe, disposant de ce blog et d’une Page Facebook pour informer les futurs acquéreurs des nouvelles publications et des quelques manifestations où je serai présent avec les poètes publiés (si possible) dans l’année.

Avis aux amatrices et aux amateurs !

J’aime aussi organiser des lectures de poésie avec les auteurs dans « les lieux où se presse la foule » : médiathèques, cafés citoyens, places publiques, parcs urbains, bases de loisirs…

maiakovski-poesie
En ce domaine, je n’ai rien inventé. Paul Éluard le disait déjà : « Il faut faire descendre la poésie dans la rue. » Le grand poète russe, Vladimir Maïakovski, lui-même, lisait, dès 1914, ses textes aux ouvriers dans les cafés populaires ou lors de soirées poétiques. En 1957, Jack Kerouac n’a pas fait autrement en effectuant des lectures au « Village Vanguard », célèbre club de jazz de New York.

Cependant, je ne vis pas de poésie. Éditeur n’est pas non plus mon métier (même si j’y mets beaucoup de sérieux pour les auteurs que je choisis d’éditer). Je suis, en effet, bibliothécaire à temps plein dans le Nord de la France.

Avant d’être éditeur, j’étais déjà poète (depuis 1991) ainsi que chroniqueur de poésie contemporaine à partir de 2001. Je connais donc très bien le « petit monde » de la poésie d’hier et d’aujourd’hui. Enfin, je me tiens toujours, si je puis dire, à l’affût ou à l’écoute de ce qui s’écrit ou surgit ici ou là. Par différents canaux : réseaux sociaux, revues, amis et amies, très au fait de ce qui se fait d’emballant en matière de poésie.

Une dernière chose non des moins importantes, à ce jour, je démarche moi-même les autrices et auteurs que je souhaite publier - comme je l'ai d’ailleurs déjà stipulé sur ce blog. Alors, ne m’envoyez plus SVP vos propositions de recueils en cours - sauf  si, homme ou femme, je fais appel à vous ou si vous êtes jeune et suffisamment talentueux !

François-Xavier Farine
alias aérolithe éditeur.


* Le titre de cette tribune est emprunté à un ouvrage de l'ex-éditeur du dé bleu, Louis Dubost, publié aux éditions Ginko en 2006.



jeudi 12 mars 2020

aérolithe à cœur ouvert


graffiti
Je publie de la poésie aujourd’hui parce que les poètes du passé ne me parlent plus de l’avenir. Des auteurs que très peu publient, mais qui me semblent posséder une voix forte et/ou singulière, poètes souvent ignorés, jusqu’ici, par des éditeurs importants.
J’ai énormément lu les poètes, tous les poètes. Je garde une curiosité intacte, loin des esprits de chapelles et des copinages. Je suis un électron libre. Des éditeurs m’ont marqué depuis l’âge de vingt ans : Pierre Seghers, Pierre-Jean Oswald, Guy Chambelland, Jean Breton, Éric Ballandras, Louis Dubost, la revue Poésie 1 dont je collectionne encore les anciens numéros.


Depuis quelque temps, je me suis aperçu que la poésie se chloroformait, cuisait dans son jus, qu’il était temps de passer à l’action. Excepté du côté des poètes de la nouvelle génération « trentenaires et quadragénaires », celle de « la génération dite des poètes connectés » (blogs et réseaux sociaux).


En 2019, j’ai publié Heptanes Fraxion (dont j’estime le travail poétique). Je le suivais déjà depuis 2010. À l’origine, c’est un heureux concours de circonstances. Il m’avait envoyé un recueil inédit pour me demander conseil et notamment à qui l’envoyer ? Je me suis dit : « C’est impossible. C’est à moi de le publier. Je ne peux pas passer à côté d’un manuscrit comme celui-là. »

Pour ma 3e publication, je souhaitais publier dans un même recueil, Daniel Biga et Pierre Tilman, tête bêche. Cela n’avait jamais été fait en 40 ans. 
Finalement, ce sera une copieuse anthologie de Pierre Tilman seul. Daniel Biga ayant dû renoncer à ce beau projet. 
pierre-tilman-en-lecture-2018
Tilman en lecture dans le Nord (2018)

Je me suis également autoédité. Ne souhaitant plus attendre entre deux et cinq ans pour publier une simple plaquette. Quand d’autres auteurs publient frénétiquement de trois à cinq livres par an, du même acabit, dans une sorte de ressassement perpétuel.

Je fonctionne à l’enthousiasme. Après trente ans de lecture acharnée, je pense être devenu aussi légitime que d’autres éditeurs de poésie.

Il y a des poètes que je ne publierai jamais...


Non pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils sont passéistes, qu’ils écrivent beaucoup moins bien que Paul Éluard ou René Char, même 40 ou 50 ans après leur disparition. Ce qui est sûr, c’est que je n’aime pas le lyrisme qui fait chanter les rambardes d’escalier ni la poésie hermétique, opaque ou désincarnée qui use de mots vides comme beauté, abstraction, silence ou amour pour le plaisir seul du mot. Encore moins la poésie performance lorsqu’elle s’obstine à produire du sous-Christophe Tarkos ou du Ghérasim Luca de seconde zone en multipliant les procédés et les tics d’écriture.

Je publie enfin de la poésie car, à un moment donné, je me suis également rendu compte que la plupart des éditeurs, ayant pignon sur rue, n’avaient plus souvent le nez fin.

Depuis les années 90, je me suis activé dans le milieu poétique : en revues d'abord, puis sur internet avec des chroniques régulières, ici et là, et par l’intermédiaire de deux blogs également : Poebzine et Le feu central.

Je suis petit. Je peux prendre des risques. Même si je ne joue évidemment pas dans la cour des moyens et grantéditeurs.


Pour cette micro maison d’édition, je contacte directement les poètes que je souhaite éditer. Je publierai des poètes confirmés et des jeunes poètes suffisamment originaux. À raison d’une à deux plaquettes par an. Et croyez bien que je prospecte chaque jour !

Je n’ai aucune raison de me presser. Et je ne manque pas non plus d'enthousiasme pour soutenir de vraies nouvelles voix. Je l'ai toujours fait en tant que passeur de poésie.

Comme l’écrivait Paul Vincensini : « Un vrai chemin est toujours tracé dans rien. Regardez celui des oiseaux. »

J'espère simplement que beaucoup d'entre vous, poètes, amatrices, amateurs, curieuses et curieux de tous bords, soutiendront cette nouvelle aventure.


François-Xavier Farine
alias aérolithe éd.

dimanche 27 octobre 2019

mercredi 1 mai 2019

La petite ou microédition en poésie : même combat


« Sans la petite édition, la poésie, en France, n’aurait pas survécu. Ce ne sont pas Grasset ni Fayard [ni Gallimard ni ...] qui perdraient un sou en publiant de jeunes poètes [ou des poètes singuliers]
. » 

Cet ancien article de l'écrivain, Pierre Jourde, a pris un coup dans l'aile, mais dit encore des choses fondamentalement vraies :
« Éloge de la petite édition » in Le Monde diplomatique, janvier 2007.

mardi 19 mars 2019

aérolithe éditions


« Quand on est poète on n'est jamais complètement fichu.»
                                         Daniel Biga, extrait de Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale in Né nu (Le Cherche-Midi, 1984)


Apparu en mai 2018, aérolithe éditions est un microéditeur de poésie.

À raison d'une à deux plaquettes par an, l'éditeur s'attachera à publier des poètes d'aujourd'hui selon sa sensibilité.


Chaque tirage sera limité à 100 ou 150 exemplaires, sans retirage ultérieur.




N.B. : Pour ce projet de microédition, l'éditeur démarche lui-même les auteurs qu'il contacte directement. Investissant sur ses seuls deniers, il fait ses propres choix.